Arteclic - Nazaré Auteure Photographe

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EXPOSITION" De l'intérieur vers l'extérieur

De l’intérieur vers l’extérieur.

 

L’origine du projet photographique prend racine dans ma vie personnelle. C’est lors d’une rupture personnelle que j’ai été contrainte d’emménager dans le basin minier et c’est avec un regard sans espoir que je m’installai à Hénin-Beaumont. Comme beaucoup de personnes qui emménagent dans le bassin minier, les a priori sont nombreux, et à tort.

Le temps passant,  le paysage devenait de plus en plus imposant, omniprésent, jusque dans ma vie personnelle. Le projet photographique s’imposait de plus en plus mais à la manière des surréalistes. «Ne rien attendre,  le hasard se charge de tout ».

Mes rêves, mon imagination m’ont souvent porté vers des ailleurs un peu plus dépaysant. A la place des Terrils, j’aurais préféré voir le mont Fuji, ayant été depuis longtemps attirée par la culture Japonaise.

Les terrils : impossible d’y échapper. Ils surplombent l’horizon, quelque soit l’endroit où on se trouve. L’INTERIEUR, commence avec cette vision. Tels, des géants endormis, ils s’imposent comme témoignage d’un passé devenu patrimoine.

Appareil photo en main, je décidai d’aller à la rencontre de ce paysage et de son histoire.

Mon regard changeait au fur et à mesure et le projet se clarifiait. Une image s’est alors imposée à mon esprit : le tableau de Francisco de Goya, « Saturne dévorant ses enfants » ; la mine elle aussi avait dévoré ses enfants. Le corps de Saturne dans ce tableau ressemble, se présente, comme le corps du danseur Buto, presque grotesque, comme engourdi par son gigantisme, inesthétique, les jambes arquées, voûté, nu et famélique.

A cette première vision a succédée celle des Terrils ; corps recroquevillés attendant de renaître à la vie, prêts à se lever et à ouvrir les bras vers l’avenir.

Le bassin minier a été à une époque la gloire économique de tout un pays. Le patrimoine et sa préservation sont donc essentielles sans oublier d’inciter à la création.

L’avenir se profile sous de beaux hospices, de part l’ouverture du Louvre-Lens et le rattachement du bassin minier au patrimoine mondial de l’UNESCO, sans oublier l’ouverture prochaine du METAPHONE à Oignies qui sont autant de moteurs essentiels pour faire valoir et mettre en exergue tout projet créatif et valorisant notre territoire.

J’ai accès mon travail photographique sur deux sites : Loos-en-Gohelle et le terril de Sainte Henriette, l’un investi par toutes sortes de manifestations, culturelles, personnelles et sportives et l’autre par son imposante présence visible de l’intersection entre l’autoroute de Paris et la rocade minière.

Lorsque les grandes lignes du projet se sont affirmées de manière définitive dans mon esprit, le hasard m’a fait rencontrer Juju Alishina, danseuse et chorégraphe Japonaise installée à Paris. Cette dernière recherchait un photographe pour son spectacle de danse Buto et désirait travailler sur un projet lié à la nature. Lorsque nous avons travaillé sur le site de Loos-en-Gohelle, je lui ai juste dit que nos deux cultures devaient se  rencontrer.  Ce fut le cas,  la danse à donné naissance à des images singulières et surprenantes.  Le choix des monochromes et des couleurs reflètent l’intériorité des émotions,  mais en nuances, les images couleurs  sont là pour créer des tableaux dépaysant. Les mouvements gracieux se conjuguent avec la rudesse du corps du terril, immuable. Le féminin et le masculin, le blanc et le noir ainsi, deux fragilités, passés, le buto apportant au terril le souffle d’un nouveau langage.

Le Buto est apparu au Japon après les catastrophes d’Hiroshima et Nagasaki. Les artistes ont créé, grâce à la découverte de cette danse, un souffle nouveau un nouveau langage afin d’exprimer la souffrance mais aussi donner naissance au futur mais celui-ci ne peux être possible que par une connaissance une introspection de soi-même.

Juju Alishina a écrit un livre pédagogique sur le Buto, celui-ci es paru au Japon en 2010, sur la première page apparaît une photo prise sur le terril de Loos-en-Gohelle, la parution française d’avril 2013, je vous joins au dossier les photos de ce livre.

Après ma collaboration avec Juju Alishina, je sentais que mon travail était inachevé ; c’est alors que le hasard a mis sur ma route Cynthia et Jérôme. C’est avec eux que la deuxième phase de l’exposition a pris naissance.

Mon métier de photographe consiste à rencontrer les gens. J’ai eu la chance de rencontrer Cynthia et Jérôme deux comédiens amateurs attachés à leur territoire. Avec eux, nous avons reconstitué l’album de leur mariage, ils lièrent ainsi leur histoire personnelle avec du territoire, devenu patrimoine.

Un rêve : une ballade bucolique où deux jeunes mariés se font la promesse d’une vie, telle est la deuxième partie de l’exposition.

De la matière à la réalité c’est ainsi que j’ai nommé la dernière partie de mon exposition. La simplicité des images renvoie au quotidien à la perception d’une réalité où la nature omniprésente déploie jour après jour un spectacle permanent. La nature reprend toujours ses droits et elle nous le prouve, le stérile déchet impropre est rejeté, est devenu renaissance. Une nouvelle faune et flore s’épanouit sans limites, face à elle l’homme prédateur par excellence, se retrouve confronté à sa propre échelle.

Les terrils sont investis par les habitants un musicien se ballade et teste sa guitare tout en haut de ce dernier, un jeune homme solitaire face à l’horizon, profite du paysage, un joggeur s’entraîne tous les jours ou encore un promeneur et son chien par une journée ensoleillée.

Bientôt les photos...



21/05/2013
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